Saurez-vous gagner +30% par an grâce à l'investissement "deep value" ?
Par Jean-Jacques Hénin le vendredi 26 juin 2009 avec 4 commentaire(s)
Note de l'éditeur : Cet article a été rédigé par les éditeurs du blog « Les daubasses selon Benjamin Graham », un blog qui traite exclusivement de l’investissement « value », basé sur la valeur patrimoniale des entreprises. Ils ont souhaité vous présenter sur PlusRiches.fr la méthode d’investissement «dans le fond de roulement net» qu’ils pratiquent depuis maintenant plusieurs mois.Un investissement «value» consiste à acheter des actifs peu chers, voir très bon marché par rapport à leur valeur intrinsèque. Il peut s’agir évidemment d’actions mais aussi d’autres supports évaluables comme les obligations ou l’immobilier par exemple.
Un grand nombre d’études a démontré que, lorsqu’un investisseur achète des actions bon marché d’une société négligée par les marchés, il en sera mieux rémunéré pour le risque (apparent) qu’il prend qu’un investisseur qui achète les actions d’une société performante qui faisait déjà partie de celles que tous les investisseurs s’arrachent. Cela semble logique : il y a plus de risques à investir dans une action dont le cours a été poussé à la hausse en raison d’excellentes perspectives futures qu’il n’y en a à investir dans une société dont le cours a été tellement «matraqué» qu’il ne reflète même plus la valeur de ce qu’elle possède.Benjamin Graham est considéré comme le «père des investisseurs value». Il fut professeur du célèbre Warren Buffett et aussi son ancien employeur. Il est l’auteur de deux œuvres magistrales, considérées comme la bible des investisseurs « dans la valeur » : «Security Analysis» et «The Intelligent Investor».
Entre autres, il a établi une technique d’investissement imparable : celle qui consiste à acheter des sociétés qui côtent sous leur « valeur de fonds de roulement net » c’est-à-dire la valeur de leurs actifs à court terme (stocks, créances, liquidités,...) moins la valeur totale des dettes. De cette manière, on obtient tous les autres actifs (terrains, construction, installation, mobilier, goodwill, brevet ou licence, …) gratuitement.
Le professeur Henry Oppenheimer a analysé la rentabilité obtenue par des investissements dans des actions présentant une décote de 33 % par rapport à leur valeur de fond de roulement net, du 31/12/1970 au 31/12/1983. Pour l’expérience, le portefeuille fictif était renouvelé le 31/12 de chaque année : les actions les moins sous évaluées étant remplacées au sein du portefeuille par d’autres candidats meilleur marché.
Et quel fut le résultat de cette petite expérience ? Et bien, le portefeuille « fond de roulement net » a procuré au cours de cette période un rendement annuel de 29,4 % alors que la bourse américaine générait un rendement de 11,5 % par an au cours de la même période.
Cependant, il est rare de rencontrer un grand nombre de sociétés côtant si bon marché. Dans son édition de 1972 de « L’investisseur Intelligent », Benjamin Graham écrivait : «Examinons un dernier exemple sur ces opportunités en or d’antan qui n’existent plus aujourd’hui. Beaucoup de nos propres opérations de bourses se concentraient sur la recherche de bonnes affaires. Nous appelons ainsi ces titres dont les cours étaient inférieurs à leur fonds de roulement net. A l’évidence, ces titres se vendaient à un prix bien inférieur à la valeur marchande privée de l’entreprise. Aucun propriétaire ou actionnaire majoritaire de tels biens industriels ne songerait un instant à les brader aux prix reflétés par les cours. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il fut un temps où de telles anomalies n’étaient pas si rares que cela. Nous avons publié en 1957 une liste de 200 titres qui offraient de telles caractéristiques. D’une façon ou d’une autre, toutes ces bonnes occasions ont tenu leur promesse et la rentabilité annuelle que nous en avons tirée fut très supérieure à ce que nous pouvions trouver sur des formes plus courantes d’investissement. Hélas, ces occasions ont disparu en 10 ans et, avec elle, la possibilité d’investir intelligemment et à peu de risques».
Aujourd’hui, il semble que ces opportunités disparues fassent leur réapparition. Monsieur Marché (personnage maniaco dépressif cher à Benjamin Graham) semble multiplier actuellement les possibilités d’investir en payant moins que la valeur du fonds de roulement net des entreprises (nous utilisons aussi le terme «valeur d’actif net net»).
Nous, c’est-à-dire un petit groupe de passionnés de l’investissement, avons souhaité vérifier que les préceptes de Graham étaient toujours valables aujourd’hui. Notre souci : constituer un portefeuille «net net» fortement diversifié.
Pourquoi fortement diversifié ? Parce qu’il est évident que si une société nous est proposée à des prix aussi attrayants, c’est qu’il y a une raison ou plutôt que Monsieur Marché y voit une raison. Il peut s’agir de sociétés en perte, ou très cycliques, ou dont le marché entrevoit des perspectives peu encourageantes. Bref, ce sont en général de vraies «daubasses».
Pour nous, le fait qu’il s’agisse d’entreprise peu performantes n’est pas grave en soi : en réalité, nous n’achetons pas des entreprises mais bien du cash, des stocks ou des créances sous leurs valeurs présumées de réalisation, l’entreprise elle-même nous étant offerte en sus.
Pourquoi pensons-nous que cette méthode est potentiellement très rentable ?
1- Parce que nous pensons qu’un actif reste un actif, il peut perdre un peu de valeur en fonction de la conjoncture mais il a bel et bien une «existence».
2- Parce qu’en investissant sur base du fonds de roulement net, nous investissons uniquement sur du concret et non sur des projections futures ou du «rêve».
3- Parce que l’actif circulant est l’actif le plus liquide et le plus facilement négociable pour une entreprise.
4- Parce qu’aucune transaction privée ne se ferait à des prix aussi bas.
5- Parce que nous voulons nous détacher le plus possible des tsunamis qui secouent la planète financière pour le moment et nous concentrer sur la valeur des entreprises elles-mêmes.
Et, à ce jour, après près de sept mois d’existence, le rendement de plus de 100 % obtenu par notre portefeuille semble nous donner raison … L'investissement dans ce type de support est à conseiller à des investisseurs possédant des connaissances élémentaires du marché des actions et de lecture de bilan. Il convient de noter que ce type d'investissement est en général très volatil et donc de souligner l'importance de garder son sang froid face aux fluctuations parfois violentes des cours.
Note de l'éditeur : Si vous souhaitez en connaître plus sur l’investissement en « net net », vous pouvez consulter le blog «Les daubasses selon Benjamin Graham».
Si cet article vous a plu, vous aimerez aussi :
- Gagnez +10% par an grâce à la Bourse
- Comment gagner +23,7% avec votre assurance-vie sur 2007
- Comment vous pouvez battre les marchés financiers
Crédit photo : Scubaben






